Fipadoc Journées Professionnelles en ligne du 18 au 22 janvier 2021

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Cp/Etude inédite "Sous-financement structurel du documentaire" - Fipadoc 2021

Documentaire de création : 6 œuvres sur 7 ne sont pas amorties au moment du rendu des comptes définitifs

Aujourd’hui, à l’occasion de la deuxième journée des Journées Professionnelles du Fipadoc, l’USPA a organisé une table ronde intitulée « Économie du documentaire : pourquoi cela ne marche pas ».
 
Dans ce cadre, elle est revenue sur l’étude de septembre 2020 conduite par Addoc et la SCAM, sur la rémunération des Auteurs-Réalisateurs, et a également dévoilé les résultats de sa dernière étude :
 
« Une production documentaire structurellement sous-financée ».
 
Elle porte sur 506 titres documentaires qui ont obtenu l’autorisation définitive du CNC entre 2018 et 2020.
 
Le constat est sans appel : 6 documentaires sur 7 ne sont pas amortis au moment du rendu des comptes définitifs et après prise en compte du crédit d’impôt audiovisuel, selon les règles définies dans le cadre de l’accord transparence de 2016.
 
Pour ces œuvres non amorties, 15% du coût de production n’est pas financé, soit la part des frais généraux de la société que le producteur investit à risque.
 
Pour le couvrir au fil des ans, le producteur ne peut compter que sur un marché international qui ne concerne qu’un nombre limité d’œuvres au regard des demandes éditoriales des diffuseurs et sur des reventes à d’autres diffuseurs français pendant et après l’exclusivité des primo-diffuseurs. Or celles-ci deviennent de plus en plus difficiles, voire quasi-impossibles, au regard des exclusivités demandées par les éditeurs et le développement des exploitations numériques en complément de l’exploitation linéaire.
 
Le sous-financement systémique du documentaire génère un tissu de production morcelé et fragilise l’ensemble des acteurs de la création, des auteurs aux producteurs. Les sociétés sont dans l’impossibilité de dégager une rentabilité et donc dans l’incapacité de structurer leur développement.
 
Après les évolutions du Fonds de soutien audiovisuel et la revalorisation du crédit d’impôt audiovisuel dans le cadre du projet de loi de finances 2021, la balle est désormais dans le camp des éditeurs de services qui ne peuvent plus esquiver leurs responsabilités. Avec un financement inférieur à 50% pour ces documentaires non amortis, leur apport doit clairement être revalorisé afin de limiter l’ampleur du risque du producteur qui n’est pas en cohérence avec les revenus qu’il pourra tirer de l’exploitation de l’œuvre.
 
Au moment où les Pouvoirs Publics entament une révision du décret dit TNT, les producteur.rice.s de l’Uspa interpellent sur la situation économique du documentaire de création, loin des affirmations à l’emporte-pièce de certains éditeurs qui prétendent tout financer et ne rien avoir en retour.

Consultez l'étude en cliquant ici

Visionnez en replay la table ronde en vous identifiant et en cliquant ici 

Contact presse : Jérôme Dechesne, Délégué général adjoint + 33 6 21 22 43 84

 

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